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Retrouvez toutes les actualités axées sur l’art, la technologie, le filmmaking, des portraits atypiques, des sports extrêmes, des projets coopératifs, ou des projets à forts engagements politiques !

Interview : Alex Fouquet réalisateur du court-métrage “Young Again”.

Qui es-tu ?
Who are you?

Je m’appelle Alex, j’ai 21 ans, et j’habite à Brooklyn. J’ai fait une école de cinéma à Paris en tant que réalisateur audiovisuel. J’ai décidé de partir pour NYC pour un stage en tant que monteur dans une boite de production, et ai poursuivi ma carrière en tant que chef opérateur / réalisateur.

My name is Alex, I’m 21 years old, and I live in Brooklyn. I graduated from my cinema school in Paris as a director. I’ve decided to move to NYC for an editing internship in a production company, then followed my career as a cinematographer / director.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de réaliser ce projet ? C’était important pour toi ?
What made you want to do this project? Was it important to you?

La pandémie de 2020 a été un coup dur pour de nombreux artistes, mais l’occasion était trop belle pour ne pas filmer New York vide, et raconter une histoire qui parle à tous. Évoquer le point de vue d’une personne isolée alors que tout le monde est demandé à rester chez soi me semblait intéressant. Lorsque le Covid est arrivé, j’ai su rapidement que l’humanité en général allait apprendre beaucoup de soi, et j’étais surpris de voir à quel point tout le monde prenait soin des uns et des autres, malgré la peur et doutes de chacun.

The pandemic of 2020 was a blow to many artists, but the opportunity was too good not to film the empty New York City, and tell a story that speaks to everyone. To evoke the point of view of an isolated person when everyone is asked to stay home was something interesting to me. When the Covid arrived, I quickly knew that humanity in general was going to learn a lot about itself, and I was surprised to see how much everyone cared for each other, despite everyone’s fears and doubts.


Quelles ont été tes inspirations pour cette vidéo ?
What were your inspirations for this video?

Je ne sais pas si j’ai eu des influences directes pour Young Again. J’ai commencé par filmer New York City vide mais me suis rendu compte qu’il y avait bien plus à raconter. A la base je voulais que le film se déroule autour d’une seule musique, et je me suis rendu compte que ça ne marchait pas. Il m’a fallu 4 mois de montage et différentes versions de montage pour trouver celle qui colle le plus à ce dont je voulais évoquer. Si vous m’aviez dit que je passerai autant de temps en post production pour mon propre film, je n’y aurai pas cru !Je regardais beaucoup de vidéos de voyage sur YouTube, mais avoir une centaine de transitions à la place d’une histoire qui ait du sens commençait un peu à m’énerver. C’est aujourd’hui un vrai challenge de raconter une histoire forte avec le peu de temps que le public passe à regarder une vidéo sur les réseaux sociaux. Mais je pense que c’est possible si l’on raconte une histoire universelle. Et la plupart des films qui m’influencent le plus inclut le sujet de rédemption.

I don’t know if I had any direct influence for Young Again. I started by filming empty New York City but I realized that there was much more to tell. Originally, I wanted the film to be set to a single soundtrack, and I realized that didn’t work. It took me 4 months of editing and different versions of editing to find the one that fit the most with what I wanted to talk about. If you had told me I would spend so much time in post-production for my own film, I wouldn’t have believed it!I used to watch a lot of travel videos on YouTube, but having a hundred transitions instead of a meaningful story was starting to get a little annoying. Today, it’s a real challenge to tell a strong story with the little time the audience spends watching a video on social networks. But I think it’s possible if you tell a universal story. And most of the films that influence me the most include the subject of redemption.

Comment s’est passé ton confinement, à New York ?
How was your lockdown in New York?

Up and down, chill et intense. J’ai passé la plupart de mon temps avec mon copain, étant obligé de rester chez soi. Trouver l’inspiration et la motivation était dur, mais ça ne m’a pas empêché de rester productif.

Up and down, chill and intense. I spent most of my time with my boyfriend, being forced to stay at home. Finding inspiration and motivation was hard, but it didn’t stop me from being productive.

En tant qu’artiste, comment as-tu vécu cette période où le temps s’est arrêté ?
As an artist, how did you experience this period when time stood still?

Je pense que tout le monde se plaint de ne pas avoir le temps de se reposer et penser à son parcours. L’opportunité était là, et malgré le peu de travail qu’il y avait, je n’ai pas arrêté d’essayer d’améliorer quelque chose chaque jour. Musique, montage, écriture… Je crois vraiment qu’après le confinement, la plupart des jobs seront destinés à ceux qui travaillent le plus.

I think everyone complains that they don’t have time to rest and think about their career. The opportunity was there, and despite the little work there was, I didn’t stop trying to improve something every day. Music, editing, writing… I really believe that after the confinement, most of the jobs will go to those who work the most.

Lorsque tu t’es retrouvé seul dans les rues de New York, qu’est-ce que tu as ressenti ?
When you were yourself alone on the streets of New York, how did you feel?

Regardez le film ! Honnêtement, je me suis senti chanceux d’avoir vu la ville sous cet angle. Il y a peu de chances que cela se produise de nouveau à Times Square, en tout cas j’espère. Mais je me suis senti étrange, car je savais que des millions d’autres américains n’avaient pas la même chance que moi. Beaucoup sont morts à New York. Être à Times Square était symbolique du temps qui s’arrête, et pour être honnête, je ne savais pas comment ressentir ce moment.

Watch the movie! Honestly, I felt lucky to see the city from this angle. I don’t think it is going to happen again in Times Square, at least I hope not. But I felt strange, because I knew that millions of other Americans were not as lucky as me. Many people died in New York. Being in Times Square was symbolic of time coming to a standstill, and to be honest, I didn’t know how to feel that moment.


Quelles sont les choses que tu retiens de cette expérience, de ce tournage, de cette période ?
What are the things you will remember from this experience, this shooting, this period?

Le tournage de Young Again était spécial à lui-même. La plupart des scènes ont été filmées seules avec Jesse, l’acteur. La scène se déroulant dans sa chambre a été filmée par un de mes chef opérateurs préférés, Oscar Zabala. Et put*** ce que j’étais heureux de filmer avec lui !Quand les places publiques, restaurants, bars ont réouverts, honnêtement, c’était magnifique de voir autant de personnes sourire, sortir de chez soi, profiter de ce que la ville avait à offrir de nouveau. C’était la lumière que nous avions tous attendu, et probablement l’uns des plus beaux visages dont je me souviendrais de 2020.

The shooting of Young Again was special in itself. Most of the scenes were shot alone with Jesse, the actor. The scene in his room was filmed by one of my favorite cinematographers, Oscar Zabala. And damn what I was happy to film with him!When the public squares, restaurants and bars reopened, honestly, it was wonderful to see so many people smiling, coming out of their homes, enjoying what the city had to offer again. It was the light we had all been waiting for, and probably one of the most beautiful faces I would remember from 2020.

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Itv Alex Fouquet pour Samouraï.TV
Retrouver le court-metrage “Young Again” ici.

Série : Océan, un documentaire sur la transition de la comédienne Océanerosemarie en homme

“Océan”, un autoportrait intime de l’artiste Océanerosemarie, humoriste et icône lesbienne depuis 2009, qui entame sa transition pour devenir un homme.

Depuis son premier spectacle “La lesbienne invisible”, puis “Chatons violents” qui lui apportent un succès mérité, Océanerosemarie fait son coming out trans en mai 2018 : elle change de genre à 42 ans pour devenir Océan.

Début mai, Francetv Slash publie une série documentaire sur la transition d’Océanerosemarie en Océan, en FtM (female to male). Des épisodes essentiels, dans lesquels on suit ce personnage touchant à travers des étapes physiques, sentimentales et psychologiques.

Le premier épisode, “Vers l’Océan”, est une suite de moments intimes et touchants. Océan annonce à sa famille qu’il change officiellement de genre en entamant une transition. “Je suis épuisée d’être une femme”, des mots d’introduction qui placent directement le contexte de ce documentaire.

Un coming out trans qu’elle annonce à sa mère quelques mois plus tôt. En voyant sa fille devenir homme, elle semble vivre un moment douloureux bien qu’elle l’acceptera toujours comme son enfant.

“Il y avait un but pédagogique. Je voulais que les gens, en s’identifiant à ma mère, puissent évoluer avec elle.” – Océan pour l’AFP

Ce premier épisode se termine par sa première injection ratée de testostérone, réalisée par ses amies lors d’une soirée dans un appartement. Le début de la transition vers l’océan.

Un portrait puissant, bouleversant et essentiel dans notre société où le sujet des transitions de genre est encore tabou. “Océan”, c’est une série de dix épisodes en immersion dans les moments intimes, drôles, graves et touchants de la transition d’Océanerosemarie.

“Il faut des récits positifs. Vu mon âge (42 ans) et mes privilèges, je savais que ça se passerait bien, que ce serait un épanouissement” – Océan pour France Télévision

Océan vit et évolue au travers des épisodes : il apprend à se raser, se muscler, il se fait opérer du torse et parle de sa transition avec son entourage. C’est un documentaire sur l’affrontement du regard des autres, sur la peur de s’éloigner de ses proches et de voir son statut de comédienne changer. Une expérience qui mêle joie, crainte et impatience.

Une histoire vue de l’intérieur, sans jugement ni exotisation due à la réalisation du documentaire par des personnes cisgenres, dont l’identité est celle du genre assigné à la naissance. Un webdocumentaire pour les parents qui auraient du mal à accepter la transition de leur enfants, et pour tous ceux qui souhaitent s’informer, ouvrir leur esprit et tenter de comprendre ce que ressentent les personnes qui réalisent une transition.

Un documentaire à retrouver sur Francetv Slash


Pauline Gauer

INSOLITE : Ravi Hongal, un indien passionné de photographie, a customisé sa maison en appareil photo

Ravi Hongal est indien. Il a 49 ans et sa passion, c’est la photographie. Depuis 33 ans, il en a fait son métier et obnubilé par cet art, il a construit sa maison en forme d’appareil photo géant. Selon la chaîne YouTube Caters Clips, il aurait déboursé 75 000 livres, soit environ 82 000€ pour customiser sa maison à Belagavi, à l’Ouest de l’Inde.

“J’aime la photographie, les appareils photo et tout ce qui s’y rapporte. Au fil des ans, beaucoup de choses ont changé dans la région, mais mon amour pour cet art reste le même. […] C’était mon rêve de longue date de construire une maison qui ressemblerait à un appareil photo, mais je ne savais pas comment la construire – tant sur le plan de l’exécution du concept que sur le plan financier.” – Ravi Hongal, pour Indian Express

Et dans le quartier, la maison de Ravi ne passe pas inaperçue. Sur la façade, il a posé un objectif d’appareil photo Nikon géant, et un flash Canon qui s’allume dans le noir. On retrouve aussi de nombreux éléments dans le même thème, comme le premier étage en forme d’imprimante Epson, et une carte mémoire géante et un rouleau de film collés sur le mur.

“Il y a effectivement eu des défis, mais ma famille était ouverte à mes idées et à mes suggestions. Je leur ai dit que je voulais un objectif, un capuchon et des films d’appareil photo dans mes conceptions, et si certains d’entre eux étaient faciles à réaliser, d’autres nécessitaient plus de travail. J’ai essayé de leur expliquer le projet, avec beaucoup d’idées, pour obtenir exactement ce que j’avais imaginé dans ma tête. Après deux longues années et de nombreuses séances de brainstorming, c’est finalement devenu une réalité”. – Ravi Hongal

Après deux ans et demi, Ravi a achevé les travaux de sa maison – qu’il a nommée “Click” – il y a seulement deux mois, et déjà, les photos de la façade font le tour du monde.

Ravi Hongal est un passionné, et son amour pour la photographie ne s’arrête pas là. Avec sa conjointe Kripa Rani, ils ont décidé de nommer leurs trois fils par des noms de marques de matériel photographique : Canon, 20 ans, Nikon, 18 ans et Epson 13 ans. Un choix qui n’est pas au goût de tous.

“Quand j’ai dit à ma famille que je voulais nommer mon premier-né avec une marque d’appareils photo, ils n’étaient clairement pas satisfaits de la décision. Cependant, ma femme a partagé mon enthousiasme et mon amour pour les appareils photo et la photographie, et a finalement convaincu le reste des membres de la famille d’accepter notre décision. Ensuite, nous avons décidé d’aller de l’avant avec le nom. C’était un nom unique mais pas gênant.” – Ravi Hongal

Ravi Hongal avec sa femme Kripa Rani et ses trois enfants Nikon, Epson and Canon

Les trois enfants de Ravi ont posé beaucoup de questions à leur père mais aujourd’hui, ils comprennent sa décision. Et ces noms-là, c’est ce qui les rend uniques.

“Quand ils étaient petits, ils ne comprenaient pas et ils m’ont interrogé quand ils sont arrivés au lycée. Mais ils savent à quel point j’aime mes appareils photo, et eux aussi n’ont pas fait attention à ma décision et sont fiers de leurs noms” – Ravi Hongal

Pour lui, c’est un rêve qui se réalise enfin. En voyant l’envergure que les photographies de sa maison prennent sur les réseaux sociaux, il est heureux que sa passion soit reconnue et fier de voir des personnes venir de très loin pour photographier cette façade extraordinaire.

À la suite du Covid-19, une pénurie de vélos frappe le monde

Il y a quelques jours, le Financial Times a publié un dossier sur une pénurie imminente mondiale de vélos. Depuis l’arrivée du covid-19, les transports en commun sont devenus un nid à virus. Le trafic automobile a été fortement diminué. Alors, de nombreuses personnes, principalement en Occident, ont évité ces transports et ont utilisé le vélo comme alternative pour se déplacer, et pour retrouver la joie de se déplacer à l’air frais, autour de la nature ou dans des rues désertes. De ce fait, la demande mondiale a explosée, et a dépassé l’offre.

En France, les ventes en ligne de vélos ont augmenté de 350% pendant le mois de mai, selon les données de Fox Intelligence. Et cette “révolution cycliste”, comme l’a nommée le Financial Times a engendré une pénurie mondiale de vélos.

“On est au point où, sur les principaux marchés du monde, les ventes de vélos ont dépassé l’offre.” ,- Jay Townley, consultant chez Human Powered Solutions au Financial Times

La demande a explosée, mais l’offre a également diminuée. Beaucoup de pièces de vélos sont fabriquées en Chine, où les usines ont arrêté leur production plusieurs semaines voire plusieurs mois. Certaines tournent d’ailleurs toujours au ralenti.

“Les fabricants de vélos des marchés occidentaux et les deux plus grands producteurs asiatiques, la Chine et Taïwan, ont du mal à répondre à la demande croissante, car les effets de la pandémie continuent de se faire sentir.”, – Financial Times

Le problème, c’est que l’industrie mondiale du cycle dépend de l’Asie. Alors, de nombreux pays sont touchés par cette pénurie.

“Même si les vélos sont assemblés en Europe, en France ou en Espagne, 95% des composants viennent des pays asiatiques. Et comme l’Asie n’a rien produit de fin décembre et jusqu’à début avril à cause du coronavirus, le temps de relancer la machine, de réapprovisionner les usines, on n’a plus rien à vendre.”, – Une propriétaire de magasin de vélos à Auxerre, pour France Bleu.

De plus, l’industrie du cycle est dépendant de l’importation. Les usines doivent en effet attendre la livraison des pièces, qui sont acheminées par bateau.

Aujourd’hui, la demande de vélos en France continue d’exploser avec les vacances d’été. Intersport a d’ailleurs déclaré vendre plus de 4000 vélos par jour depuis le 11 mai, jour du déconfinement national, soit deux fois et demi de plus qu’en temps normal. De plus, Décathlon a des dizaines de milliers de commandes en attente depuis plusieurs semaines.

Et pour ceux qui souhaitent réparer leur vieux vélo, avec l’aide de l’Etat de 50 euros, la demande de réparations a également explosée. Il faut attendre plusieurs semaines voire plus mois pour obtenir un rendez-vous.

Patrice Girault, gérant de Cycl’One au forum du Poinçonnet

© Radio France – Sylvain ROGIE


Pauline Gauer

Websérie : les incroyables “Plusieurs Vies” de Gamart, jeune homme en semi-liberté

Pour Francetv slash et TV5Monde, le reporter des Hauts Parleurs Aladine Zaïane présente la série documentaire “Plusieurs vies”. Pendant 8 mois, il suit un jeune homme de 25 ans, Gamart, pour nous raconter son histoire improbable.

Pour son âge, Gamart a déjà plusieurs vies au compteur. Enfant des quartiers de Montreuil, il commence une période de semi-liberté de 8 mois, après 16 mois de prison pour commerce de stupéfiants et braquage. Pour autant, Gamart a des rêves et pendant cette semi-liberté, il compte construire l’avenir qu’il a toujours voulu avoir.

En dehors de la rue, le jeune homme s’est fait un nom dans le rap. Il se démarque et s’engage sérieusement dans tous les étapes de la réalisation musicale. Gamart a sillonné les Etats-Unis, a côtoyé le beau Paris, est modèle photo pour des marques de luxe, et sa plus grande passion c’est le cheval.

D’ailleurs, Gamart et son cheval Castro se font rapidement remarqués, car ils déboulent sur les routes de Montreuil, au milieu de la cité. Il fanfaronne fièrement sur sa monture avec un casque de moto sur la tête. Cela fait parler de lui sur les réseaux sociaux, et quelques temps après, Gamart se voit retirer son cheval pour cause de mauvais traitement. En effet, le cheval n’était pas maltraité mais aurait dû peser 40 kilos de plus pour être en bonne santé.

“Le délire de l’équitation, c’est ça. C’est limite on est dans l’aristocratie de malade. Les gens sont en mode “Lui, c’est quelle famille ?”. Alors moi, je suis renoi et j’en parle même pas. Je suis en barbe, je monte à cheval avec des Lebron James, tu vois. L’autre jour, quand je t’ai dit que j’avais croisé un mec là, le mec il me dit quoi ? “Qui vous a laissé un cheval comme ça ?” Un renoi, il a pas le droit de faire du cheval. Un renoi, il va pas faire du cheval vers ici.” ,- Gamart, épisode 3 de “Plusieurs vies”

Aladine Zaïane, tout au long de ces 5 épisodes, nous dresse le portrait d’un homme complexe, charismatique et qui ne veut pas rentrer dans les codes de la société. Pendant cette période de semi-liberté, Gamart se fabrique une vie “rangée” en journée, loin de la délinquance et de la rue. Il écrit, enregistre et tourne des clips. Il travaille le midi et le soir au restaurant qu’il a ouvert avec sa famille il y a quelques années. Et il s’occupe de son cheval. Mais le soir, avant minuit, il retourne en prison pour y dormir. Sa crainte, c’est de voir sa peine de semi-liberté prolongée car cela lui arrive d’être en retard pour rentrer le soir.

Finalement, sa peine n’est pas prolongée, et 8 mois plus tard Gamart est à nouveau libre. Le moment pour lui de prendre les choses en main. De faire de l’argent dignement pour être libre et faire ce dont il a envie. Un beau reportage, original sur Gamart et le symbole qu’il est devenu. “Plusieurs vies” brise les codes, et on a besoin de ça.

“Le but de tout un chacun dans la rue c’est quoi en vrai ? C’est dans sortir. Bah ouais, c’est de sortir de la rue. Moi je suis fier de là d’où je viens, j’aime les personnes qui m’entourent, les personnes avec qui j’ai grandi, j’aime cette culture. Mais ça veut pas dire que j’ai envie d’y passer toute ma vie. Et pas ce que je veux aussi pour mes enfants. Le but de la vie, c ‘est de s’ouvrir au monde. Voilà. De pas se fermer”, – Issa, ami de Gamart

“Plusieurs vies”, une websérie documentaire à retrouver sur


Pauline Gauer

Texas : un trentenaire serait mort du coronavirus après avoir participé à une « Covid party »

2020, et une envie de nouer des collaborations de long terme avec des équipes indépendantes, jeunes et passionnées par la culture sous toutes ses formes. Cet article est publié dans le cadre d’une collaboration journalistique entre Samouraï Coop et Première Pluie, un média jeune et associatif dont Pauline, qui a intégré Samouraï en février dernier, est la co-fondatrice. Cela fait deux ans qu’ils écrivent, filment et photographient le monde et la culture afin d’amener une image jeune au journalisme. Chaque semaine, Pauline publiera un article culturel spécial, à retrouver sur Samouraï News et sur Première Pluie.


Aux Etats-Unis, la situation du coronavirus est désastreuse. A ce jour, le pays compte plus de 137 191 décès dus à la pandémie, soit environ ⅕ du nombre de décès mondial. Et comme souvent, les américains sont méfiants. Certains ne prennent pas la situation au sérieux, refusent de porter des masques ou de respecter les gestes barrières, et considèrent le coronavirus comme une fake news, une pandémie inexistante.

“Beaucoup de gens ne prennent pas le virus au sérieux. Certains croient que c’est des balivernes. On est dans un schéma de réaction comme en France. Et puis, il y a le discours de Donald Trump, le président américain. En janvier, il disait que le coronavirus, c’était du mytho, un coup du Parti démocrate. En février, il a ensuite avoué qu’il y avait quelques cas mais que ça allait passer. Puis, il a promis la fin du virus pour Pâques. Et maintenant, il dit que s’il y a 100 à 200.000 morts c’est que la situation aura bien été gérée, qu’il aura fait du bon travail.”, – Alexis Ajinça, basket français de l’équipe d’Asvel, aux Etats-Unis

Depuis quelques semaines, selon des rumeurs, des étudiants de la ville universitaire de Tuscaloosa, en Alabama, organiseraient des soirées qu’ils nomment “Covid Parties” dans le but de démontrer que le coronavirus n’existe pas. En effet, ces étudiants inviteraient des personnes contaminées ou non par le virus afin de voir ,“si le virus est réel et si quelqu’un risque vraiment d’être infecté”,, comme explique le Docteur Jane Appleby, pour News 4 San Antonio. Chacun des participants de ces soirées mettrait de l’argent dans un pot, et le premier à être infecté du virus remporte la mise.

“La conseillère municipale de Tuscaloosa (AL), Sonya McKinstry, a déclaré à @ABC, que des étudiants organisaient des événements comme des “COVID parties” où ils s’infectent intentionnellement les uns les autres. “Ils mettent de l’argent dans un pot et… celui qui obtient le COVID en premier obtient le pot.” Pff, la stupidité de certaines personnes.”, – Harold Lewis

Comment lutter face à une pandémie si de tels événements existent. De plus, certains étudiants ont déjà été testés positifs au coronavirus, et entrent dans ces soirées pleinement conscients d’être contaminés.

“Le chef des pompiers de Tuscaloosa, Randy Smith, dit qu’ils ont découvert que des étudiants, qui savaient qu’ils étaient positifs au COVID-19, avaient participé à des fêtes. Cette information a été donnée lors de la réunion pré-conseil de cet après-midi.” ,- Annie Mapp

Et malheureusement, les Covid Parties ont donné aux étudiants des réponses à leur question : ce week-end, un trentenaire est décédé du coronavirus après avoir participé à une de ces fêtes. Avant de mourir, le jeune homme s’est confié à l’infirmière et lui a avoué : “Je crois que j’ai fait une erreur. Je croyais que la pandémie était un canular, mais en fait, non..”.

Bien avant le décès de cet homme, les autorités locales et nationales s’inquiètaient du devenir de ces événements “honteux” et “inconscients”.

“Des rassemblements de ce genre au beau milieu de la pandémie peuvent être extrêmement dangereux et exposent les gens à un risque accru d’hospitalisation et même de décès”., – John Wiesman, responsable de la Santé de l’État de Washington

Cette indignation de la part des autorités et du personnel médical les poussent à alerter les jeunes de la gravité de ces événements. De plus, toute personne testée positive devra être placée en quarantaine. Et si elle s’y oppose, pourra écoper d’une amende de 500€ maximum.


Pauline Gauer

Musique : trois titres à écouter cette semaine

Cette semaine, c’est la première des vacances d’été. Année spéciale, dont on se souviendra tous. Une année remplie d’actualités toutes plus surprenantes et effrayantes que les autres, et maintenant l’été. Le soleil si l’on peut mais dans tous les cas : la musique. Sur la plage, dans la rue, à chaque endroit des villes. Celle qui réchauffe les coeurs et les soirs au vent frais. Cette semaine donc, nous vous présentons trois morceaux, comme toujours. Des musiques qui nous touchent, nous habitent, nous traversent et que l’on veut partager avec vous.

Le premier titre, c’est ‘Experience’ de Ludovico Einaudi, sorti en 2015 dans l’album ‘In a time lapse’. Il accompagne l’une des scènes les plus touchantes du film ‘Mommy’, de Xavier Dolan. Une oeuvre sublime, et uniquement instrumentale, comme dans les habitudes de Ludovico Einaudi.

Ce sont nos frissons qui naissent au rythme puissant des instruments de musique, qui sont au coeur du morceau. Le pianiste italien à la renommée internationale reste encore trop méconnu du grand public français, qui jusqu’à aujourd’hui s’est arrêté au morceau ‘Una Mattina’, la musique culte du film Intouchables.

Le deuxième morceau est signé Dominique A. En 2012, l’artiste français publiait son 9ème album ‘Vers les lueurs’, un recueil de chansons aussi belles les unes que les autres. Mais aujourd’hui, on vous parle du morceau ‘Rendez-nous la lumière’, un rock serein qui s’allie aux instruments à vents.

C’est d’ailleurs pour cet album que Dominique A. remporte la Victoire de la musique de ‘l’Artiste masculin de l’année’ 2012. Un ôde à la campagne, remplacée par la ville, qu’il décrit avec beaucoup de nostalgie, de tendresse et de fascination.

“On voit des autoroutes, des hangars, des marchés

De grandes enseignes rouges et des parkings bondés

On voit des paysages qui ne ressemblent à rien

Qui se ressemblent tous et qui n’ont pas de fin

Rendez-nous la lumière, rendez-nous la beauté

Le monde était si beau et nous l’avons gâché

Rendez-nous la lumière, rendez-nous la beauté

Si le monde était beau, nous l’avons gâché”

Le troisième morceau a été découvert dans la série Netflix ‘13 reasons why’. Sorti en 2016, ‘In a black out’ est l’oeuvre des chanteurs Rostam et Hamilton Leithauser, ce dernier étant un membre du groupe The Walkmen dont Rostam, musicien de Vampire Weekend fait la première partie 2008. C’est cette année que commence leur incroyable duo.

‘In a black out’, c’est une ambiance de traversée de l’Amérique, inspirée de l’idole d’Hamilton, Leonard Cohen.

“Ce titre est très influencé par cet homme. Je l’écoute depuis mon adolescence. J’ai essayé toute ma vie de pouvoir faire des chansons comme lui et je crois que j’ai réussi à trouver l’occasion de le faire. In A Black Out est un morceau que j’ai écrit lors de ma période Heaven (album de The Walkmen), mais problème, je n’arrivais pas à la placer car je ne trouvais aucun sens avec ce genre de musique qu’on faisait.”, – Hamilton Leithauser


Pauline Gauer

Italie: Le mystère de la neige rose dans les Alpes

Samedi 4 juillet 2020, des chercheurs ont découvert un surprenant manteau de neige rose sur une partie du glacier Presena, à 2600 mètres d’altitude, dans les Alpes italiennes. Un phénomène étrange qui attire les scientifiques du monde entier.

Très vite, l’hypothèse de la présence d’une algue est envisagée, car ce n’est pas la première fois que l’on assiste à un phénomène similaire. En février 2020, les occupants de la station scientifique ukrainienne ‘,Académicien Vernadsky’ ont découvert un voile de neige rouge tout autour de leur base. Après avoir étudié ce phénomène au microscope, ils ont pu identifier des algues microscopiques.

Nos scientifiques les ont identifiées sous un microscope comme étant des Chlamydomonas nivalis chlamydomonas” une sous-espèce de Chlamydomonas nivalis,,,. Il s’agit d’une micro-algue verte unicellulaire plutôt connue. On l’appelle couramment “algue des neiges” ou encore “sang des glaciers”. – Ministère de l’Éducation et des Sciences d’Ukraine

Уже кілька тижнів українська антарктична станція «Академік Вернадський» оточена… малиновим снігом! Звідки він та чому…

Publiée par Міністерство освіти і науки України sur Lundi 24 février 2020

Pour le phénomène dans les Alpes italiennes, les chercheurs se questionnent sur l’origine de cette algue, un sujet déjà controversé. Cette dernière serait de l’espèce Ancylonema nordenskioeldii, déjà présente au Groenland, et serait sans danger pour l’Homme et pour l’environnement.

“L’algue n’est pas dangereuse, c’est un phénomène naturel qui survient durant le printemps et l’été dans les latitudes moyennes mais également aux pôles”,, a expliqué le scientifique et membre du Centre de recherche national Biagio Di Mauro.

L’algue n’est apparemment pas dangereuse, mais pour autant, elle serait une cause de la fonte des glaces. Selon une étude publiée dans Nature Communications, en 2016, ces algues roses pourraient contribuer à augmenter la fonte des glaces de 13% en Arctique en une seule année.

Sans cette algue, la glace réfléchit plus de 80% des rayons du soleil dans l’atmosphère, grâce à sa couleur blanche. Si des algues forment un voile rosâtre sur cette glace, elles contribuent à absorber la chaleur. Alors, la glace fond plus vite et cela accélère les effets du changement climatique, qui permettrait à de nouvelles algues de faire leur apparition.

Ce phénomène inquiète les scientifiques, qui tentent de trouver d’autres explications rationnelles quant à l’arrivée de ces algues en Italie.

“Nous essayons de quantifier les effets d’autres phénomènes que celui provoqué par l’Homme sur la surchauffe de la Terre. […] Il s’agit de phénomènes naturels mais qui peuvent être liés à la présence de l’homme à ces altitudes, avec les remontées mécaniques et la randonnée”. – Biagio Di Mauro, scientifique


Pauline Gauer

Volcano : la websérie scientifique du YouTubeur Experimentboy en Ethiopie

Dans une websérie documentaire Francetv slash, le YouTubeur Experimentboy, que l’on retrouve aussi sur String Theory, l’explorateur de volcans britannique Chris Horsley et leur équipe se rendent au volcan Erta Ale, en Ethiopie. C’est ici qu’ils souhaitent réaliser un prélèvement de lave au coeur du cratère avec un drône thermique, créé pour résister aux chaleurs extrêmes.

“Ce sera une aventure scientifique dans laquelle nous allons tenter de découvrir les mystères des volcans, et les origines de la vie dans les sources hydrothermales de Dallol. C’est aussi une aventure dans laquelle nous allons employer la technologie à des fins inédites, puisqu’on va tenter de faire un prélèvement de lave avec un drone au sein du cratère dans l’un des volcans les plus actifs au monde.”, – Experimentboy

Au travers de 8 épisodes de près de 10 minutes, Experimentboy et sa team nous amène découvrir l’Ethiopie, de la capitale Addis-Abeba jusqu’au volcan Erta Ale, la destination finale. S’enchaîne alors la traversée de villages, du Désert du Danakil complètement inhospitalier, d’orages et de tempêtes de sable, sur les traces du grand volcanologue Haroun Tazieff.

C’est dans la région de l’Afar, étendue sur 96 000 km², que l’on retrouve l’une des plus grandes diversités géologiques du monde. Et pourtant, cette zone reste principalement inconnue et peu exploitée par les scientifiques. De son vrai nom Baptiste Mortier-Dumont, le YouTubeur est spécialisé dans la vulgarisation scientifique. Alors, l’enjeu du YouTubeur au million d’abonnés est de mieux comprendre cet endroit unique au monde, en étudiant sa topographie, sa culture et l’histoire qu’il a à nous raconter.

“Ça y est, on y est. Zéro trucage. Me voilà sur le point de faire du camping au bord du cratère d’un volcan, avec en dessous de mes pieds probablement suffisamment de lave pour me carboniser en quelques secondes.” ,- Experimentboy

Aux abord du volcan, les températures grimpent jusqu’à 50 degrés et les conditions sont difficiles pour réaliser des tests de drone. Le vent a pris une direction inhabituelle qui fait tourner la fumée du cratère. Experimentboy et son équipe se retrouvent alors dans un brouillard de fumée acide et brûlante.

,Finalement, après quelques essais de pilotage du drone, celui-ci disparaît du champ de visions. C’est quelques heures plus tard et après beaucoup de recherches que l’équipe finit par le retrouver, extrêmement loin et inutilisable. C’était à prévoir, et les chances de réussir cette mission hors du commun étaient vraiment minimes.

Mais l’expérience reste incroyable, leur périple inoubliable et les images fascinantes. Un beau voyage dans le nord de l’Ethiopie, avec des paysages que l’on découvre et qui nous questionnent.

Pour tous les amateurs de sciences et d’aventures, Volcano est à voir sur


Pauline Gauer

Don du sang : vers la fin des discriminations envers les homosexuels

Depuis 1983, l’Etablissement Français du Sang n’autorisait pas les hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) à donner leur sang, en raison d’un risque supposé de contamination par le virus du sida. En 2016, ils sont autorisés à être donneurs seulement s’ils n’ont pas de relations sexuelles HSH dans les douze mois précédant le don. Et depuis avril, ce délai d’abstinence était passé à quatre mois. Une mesure extrêmement critiquée et jugée discriminante et homophobe, même après la réduction du délai.

Ce mercredi 1er juillet, un amendement du projet de loi de bioéthique a retiré tout critère discriminatoire à l’accès au don du sang en France.

“Les critères de sélection du donneur ne peuvent être fondés sur le sexe du ou des partenaires avec lesquels il aurait entretenu des relations sexuelles”, – ont inscrit les députés via un amendement du corapporteur Hervé Saulignac (PS), cosigné par une centaine d’élus.

Hervé Saulignac

Une bonne nouvelle que le ministère de la Santé a présenté comme “une première étape” vers un alignement des conditions du don pour les homosexuels sur celles des hétérosexuels pour “l’horizon 2022”. Une nouvelle étude doit en effet être effectuée pour évaluer les risques de transmission du VIH à la suite d’une transfusion réalisée à partir du sang d’un donneur HSH, selon le ministre Olivier Véran. Mais en attendant, les choses avancent et les politiques s’en réjouissent sur les réseaux sociaux.

“Le don du sang est une liberté. Tout le monde doit pouvoir y avoir accès, au nom du principe d’égalité. Nous ne pouvons plus accepter une discrimination basée sur une orientation sexuelle. Les humiliations vont enfin cesser”, – Guillaume Chiche, député des Deux-Sèvres, membre du groupe Écologie Démocratie et Solidarité.

“Fier d’avoir cosigné et voté à l’instant en commission spéciale bioéthique l’amendement d’Hervé Saulignac visant à supprimer le délai d’abstinence sexuelle imposé aux homosexuels et bisexuels pour le don du sang”, – Matthieu Orphelin, membre du groupe Ecologie Démocratie et Solidarité

Pour autant, certains ne se réjouissent pas tellement de la décision prise par l’Assemblée Nationale. Le collectif Homodonneur, basé à Toulouse, conteste les modalités de cette nouvelle étude des risques de transmission du VIH, et organise des mobilisations symboliques ces dernières semaines.

“Nous contestons les modalités de cette nouvelle étude, baptisée Complidon 2 et calquée sur la première (Complidon 1) : son résultat avait laissé planer le doute sur les risque d’infection au VIH en estimant qu’ils étaient 2 fois plus élevés pour un donneur HSH que pour un hétérosexuel, soit un tous les quatre millions trois cent mille dons (moins d’un par an). Il n’y a pas de raison que cette nouvelle étude donne un résultat différent. Nous ne voulons pas laisser ronronner la machine ministérielle. Nous demandons, à la place, à ce que des tests de dépistage systématique soient effectués sur les personnes transfusées, 4 mois après cette transfusion. C’est la seule méthode dont les résultats seront véritablement fiables.” – ,Frédéric Pécharman, membre du collectif Homodonneur

Examiné en deuxième lecture par la commission spéciale, le projet de loi de bioéthique a prévu en partie d’ouvrir la PMA aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes.


Pauline Gauer

Musique : trois titres à écouter cette semaine

La vie reprend, la culture aussi. Les gens vivent, sortent, écoutent et regardent. Et cet été, la musique risque d’être encore plus importante que les autres années : c’est celle qui nous fait danser, qui crée les souvenirs, qui guérit les plaies. Aujourd’hui, nous vous racontons l’histoire de trois morceaux francophones et anglophones, certains populaires, d’autres pas encore.

Le premier titre nous vient d’Angleterre et il est signé Fyfe, un artiste d’origine écossaise. ‘Solace’, chanson pop rock, vive et lente à la fois, et aux tonalités bien posées. Une ôde à la vie à la dimension robotique et fantomatique. Fyfe, c’est un morceau de l’éclosion de cette nouvelle génération, flottante, en orbite.

“Living isn’t easy, when you’ve been free and it’s taken away I will lay my head down.”

Le clip est minimaliste, et on y voit le chanteur au visage peint de bleu et de vert. Ce n’est pas notre vidéo préférée mais on aime la chanson. ‘Solace’ est entraînante, intense, sublime.

Le deuxième titre est français. Un featuring entre Shy’m, Youssoupha et Kemmler, que l’on ne s’attendait pas à voir. La chanteuse a invité les deux artistes sur ‘Absolem’, l’un des morceaux de son nouvel album ‘Agapé’.

‘Absolem’, c’est le nom de la chenille bleue qui trône sur son champignon et fume son narguilé, dans le film ‘Alice au pays des Merveilles’ de Tim Burton. Un mot qui signifie “chef” et “gardien de la paix”, et qui symbolise pour Shy’m la dualité.

C’est d’ailleurs cette dualité qui se retrouve dans ‘Absolem’, entre la voix posée et féminine de la chanteuse, et les voix plus engagées des deux rappeurs. Près de 9 minutes de paroles sombres, un cri venant du coeur de Shy’m, les angoisses et les doutes de Youssoupha et l’espoir de Kemmler.

“T’as fait chanter en choeur des gens qui ne se connaissaient même pas

T’as fait vibrer le coeur d’enfants sur centaines de lits d’hôpital

Cette pression, qui peut la supporter ? A part toi, évidemment

Le temps presse pas, t’es encore jeune, bien sûr que tu vas être maman.”

Le troisième morceau est ‘King and Cross’ et est extrait du premier album du chanteur Asgeir. Sorti en 2013, le single de l’artiste islandais est un folk moderne mêlé d’influences indé et un refrain à la touche électronique. Asgeir y dépose son habituelle voix paisible et profonde dans une chanson à la dimension lumineuse et pop dont on ne se lasse pas.


Pauline Gauer

Açores : L’irréel Peter Café Sport du port de Horta

En juillet 2017, je me suis rendue aux Açores, l’archipel d’îles portugaises au milieu de l’Océan Atlantique, pour un voyage. Le premier point sur la carte, c’était l’île de Faial. ‘L’île bleue’, volcanique et sauvage.

Le lieu principal de Faial est la ville de Horta. Elle est surnommée ‘la plus petite grande ville du monde’ par ses habitants, amoureux de l’endroit. Ville blanche au bord de l’océan et surtout un port de plaisance très réputé. Aujourd’hui, et depuis des années, il est une escale quasi-obligatoire pour tous les navires de plaisance qui traverse l’Atlantique. C’est ici que se retrouvent les marins pour se reposer, recharger leur vivres et surtout laisser un souvenir à cet endroit incroyable.

C’est pourquoi ce port, initialement blanc, est peint par tous ceux qui s’arrêtent ici, le temps d’un café ou de quelques nuits. Une farandole de couleur, de souvenirs et de moments de vie. Et si l’on n’y laisse pas sa fresque sur les lieux, cela porte-malheur !

Face à la jetée multicolore demeure toujours l’irréel Peter Café Sport, aux murs bleus fraîchement repeints. C’est le bar de tous les marins, de tous les périples, de tous les souvenirs de voyage. A l’intérieur, des centaines de drapeaux, de pièces de monnaie, de cartes postales et de lettres du monde entier.

Comme dans tous les bars, les habitués lisent leur journal. Et nous, nous restons fascinés par l’endroit qui a dû accueillir tant d’histoires. Une ambiance de film d’aventure.

Au dessus, le Musée du Scrimshaw dans lequel est exposée une immense collection de dents de baleines et de cachalots sculptées et gravées par les pêcheurs de l’île. Elle date des années où la pêche à la baleine était encore autorisée, l’île étant sur le chemin des migrations annuelles de ces animaux.

Crédit : ,MASKALI

Horta, un lieu hors du temps, entouré d’océan. Un petit paradis blanc coloré de peintures de toutes sortes. L’escale des marins et de tous ceux qui souhaitent s’y aventurer.


Pauline Gauer

“Un violeur court les rues” : le street-artist Wilfrid A. accusé de violences sexuelles

Le 22 juin dernier, le magazine web Néon publiait une enquête sur le photographe et street-artist parisien Wilfrid A., accusé de violences sexuelles par 16 jeunes femmes. Vous connaissez peut-être son travail : il s’est fait connaître grâce à la pochette de l’album Authentik de NTM, qu’il a réalisé. Puis, depuis les attentats de Paris le 13 novembre 2015, c’est l’homme derrière les tags “l’amour court les rues”, présents partout dans Paris et principalement vers Montmartre.

C’est la journaliste Pauline Grand d’Esnon, pour Néon, qui recueille ces témoignages effarants. Le quinquagénaire Wilfrid A. est catégorisé “Père Noël malsain”, “Un pervers parmi tant d’autres” et un amateur de “viande bien fraîche”.

Celles qui dénoncent les pratiques de l’artiste, ce sont pour beaucoup des apprenties modèles photo ou des jeunes femmes fréquentant le milieu artistique. Il les attire en leur proposant une séance photo, en se vantant de son influence et leur proposant de les “prendre sous son aile”. C’est alors que s’enchaînent des gestes déplacés de sa part, des attouchements et des viols.

Wilfrid A. utilise toujours le même mode opératoire, en abordant les jeunes filles dans la rue ou sur internet pour leur proposer de boire un verre car il a des contacts dans le milieu de la mode. Ensuite, pendant la séance photo, il commettait des attouchements sur ces jeunes filles, afin de les “détendre” et les “mettre en confiance”, les incitant même à prendre de la cocaïne, fumer et boire. Et les témoignages sont abominables.

“C’était le gars qui traîne aux Abbesses et qui propose aux filles plutôt jolies de les prendre en photo. Parmi mon entourage, on avait toutes sa carte. […] Dans notre secteur c’était un sujet de blague, un pervers parmi tant d’autres. Les Batignolles, Pigalle, Montmartre… C’était son terrain de chasse.”, – une jeune fille qui témoigne, âgée de 16 ans au moment des faits, pour Néon

“Je ne peux pas rester silencieuse sur ce coup : je confirme les dires sur ce Wilfrid. J’ai également eu affaire à lui. On se dit souvent que si y’a pas pénétration y’a pas viol et que cela ne sert à rien d’informer les flics. J’ai eu tort. Je suis prête aujourd’hui à témoigner si besoin. C’était en 2015 chez lui.” ,- une autre femme qui témoigne

Depuis l’article du magazine, une plainte collective va être déposée par ces femmes. Et les tags de Wilfrid A. se retrouvent taggés par “violeur court les rues” ou “l’amour nique ta mère”. Des propos qui prouvent l’engagement de ces femmes et hommes, victimes ou non des actes de cet homme, qui veulent changer les choses.


Pauline Gauer

Court-métrage : ‘Marée’, à voir absolument aujourd’hui sur Arte

Trois ans après ‘L’immense retour’, le court-métrage qui avait valu le prestigieux Léopard d’or du Locarno Film Festival, à la réalisatrice Manon Coubia, en 2016, ‘Marée’ fait son apparition sur Arte.

Ce court-métrage de 30 minutes, c’est pour elle un retour aux sources, à la montagne dans laquelle elle a toujours grandi. Elle livre un portrait touchant des dameurs de nuit, authentiques et amoureux de leur métier.

“L’envie de départ de la fiction née d’une connaissance d’un milieu, d’un terrain réel, de rencontres. Pour ce film, je suis repartie d’un lieu qui est une petite station de ski. J’ai grandi en montagne. J’avais envie de vivre l’expérience de ces machines la nuit qui me fascinaient petite. Et puis de là, j’ai raconté une histoire.”, – Manon Coubia, au Festival du Court-métrage de Clermont-Ferrand

L’histoire est belle. Le peu de dialogues ne fait que sublimer l’image et le spectateur se sent emporté dans cette mer de neige avec les protagonistes. Le récit, c’est celui d’Antoine, un jeune dameur de 25 ans à Bellevaux, en Haute-Savoie. la nuit, son équipe et lui démarrent les énormes machines pour façonner les pistes. Malgré les mises en garde des autres hommes, Antoine s’engouffre dans cette montagne qui fascine et qui effraie. ‘Marée’, c’est l’histoire d’un homme qui va de voyage en voyage, au milieu d’un désert blanc incertain.

“J’évoque un peu les mythes et les légendes de la montagne. On suit un jeune dameur qui part pour une nuit de travail ordinaire, avec ses collègues qui sont plus âgés, des anciens qui le mettent en garde. Il y a une discussion qui s’engage : Est-ce qu’il faut partir ? Pas partir ? Déjà, la montagne apparaît comme une force à la fois paradoxale de danger et de beauté. Il y a une espèce de démarrage très réaliste, et puis après on suit ce jeune dameur. Il y a un naufrage, et là le film bascule. Il y a un autre voyage qui démarre. C’est un film visuel, plastique et qui était très joyeux à fabriquer.” ,- Manon Coubia, au Festival du Court-métrage de Clermont-Ferrand

Pour ce troisième film, Manon Coubia a de nouveau confié le rôle principal au jeune comédien Yoann Zimmer, déjà présent dans son ancien projet ‘Les enfants partent à l’aube’, en 2017.

‘Marée’, c’est la beauté des mots qui ne s’écrivent pas. L’immense absence de tout et des chemins qui s’effacent aussi vite qu’ils se frayent. C’est l’angoisse de la nuit, de la tempête et des fantômes au milieu de rien. ‘Marée’ nous a touché, étonné et questionné. Face à ces images glaciales, on vous le recommande chaudement.

Marée, à voir absolument aujourd’hui sur Arte


Pauline Gauer

Le jour du dépassement de la Terre recule de trois semaines à la suite du confinement mondial

2020, et une envie de nouer des collaborations de long terme avec des équipes indépendantes, jeunes et passionnées par la culture sous toutes ses formes. Cet article est publié dans le cadre d’une collaboration journalistique entre Samouraï Coop et Première Pluie, un média jeune et associatif dont Pauline, qui a intégré Samouraï en février dernier, est la co-fondatrice. Cela fait deux ans qu’ils écrivent, filment et photographient le monde et la culture afin d’amener une image jeune au journalisme. Chaque semaine, Pauline publiera un article culturel spécial, à retrouver sur Samouraï News et sur Première Pluie.


New York vide pendant le confinement

Cette année, le jour du dépassement de la Terre aura lieu le 22 août, soit trois semaines plus tard que prévu. Et ce recul est dû au confinement presque mondial de la population ces derniers mois, pour lutter contre la pandémie de covid-19.

Le jour du dépassement de la Terre correspond au jour de l’année à partir duquel l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an. Au delà de ce jour, l’humanité puisera alors de manière irréversible dans les réserves de la Terre dites “non renouvelables” à l’échelle humaine, jusqu’à fin décembre.

Les facteurs de ce renversement de l’empreinte écologique mondiale grâce au confinement, sont la baisse des émissions de CO2 (-12,5%) et la baisse de l’empreinte forestière (-8,4%) car la demande en matériau de construction a diminuée pendant cette période, réduisant le taux d’abattage des arbres.

Chaque année, ce jour est calculé par Global Footprint Network, un ,,institut de recherches international établi en Californie, aux Etats-Unis,,. Et pour 2020, l’ONG américaine annonce un jour du dépassement pour le 22 août, contrairement au 29 juillet en 2019. C’est la première fois en 15 ans que ce jour recule, et ce n’est que la conséquence directe du confinement.

“Cela montre que des changements importants et rapides sont possibles. Mais cette réduction de notre empreinte écologique est imposée et non voulue, et comme elle ne s’accompagne pas d’un changement systémique dans nos modes de production et de consommation, elle ne va pas durer”, – Mathis Wackernagel, Président du Global Footprint Network

Evolution du “Jour du dépassement de la Terre”. Encore excédentaire en 1961, avec un quart de ses réserves non consommées, la Terre est devenue déficitaire au début des années 1970 – GLOBAL FOOTPRINT NETWORK

Une nouvelle qui n’est pas si encourageante, car elle signifie que malgré les mesures exceptionnelles mises en place et l’arrêt total de l’économie mondiale pendant des semaines, la population humaine continue de vivre au dessus des moyens de la Terre, en utilisant 60% de plus que les ressources disponibles.

Malgré le confinement, la population mondiale a continué de vivre comme si nous possédions 1,6 Terre, au lieu d’une.

“L’humanité s’est trouvée unie par l’expérience commune de la pandémie et a pu voir à quel point nos vies sont imbriquées. En même temps, nous ne pouvons pas ignorer la profonde inégalité de nos expériences, ni les tensions sociales, économiques et politiques qui ont été exacerbées par cette catastrophe mondiale”, – Laurel Hanscom, PDG du Global Footprint Network, qui mesure le Jour du dépassement.

Les conséquences du déconfinement mondial risquent d’être encore plus importantes. Et cette reprise massive et plus importante de l’activité économique et industrielle risque d’annuler les résultats encourageants obtenus ces derniers mois.

Tokyo vide pendant le confinement


Pauline Gauer

Musique : trois titres à écouter cette semaine

Les températures sont retombées et pourtant les vacances d’été approchent à grands pas. Nouvelles, différentes des autres années. Le soleil qui traverse les masques de protection sur une plage de sable blanc. Pour autant, la musique est toujours là pour intensifier nos émotions, de la haine à la nostalgie. Alors, aujourd’hui nous vous présentons trois morceaux d’artistes francophones entre rap électro, reggae et post rock.

Le premier titre dont on vous parle aujourd’hui est sorti avant-hier, le 29 juin, sur YouTube. Il est signé La Fine Équipe, un groupe français de musique électronique et rap qui s’est associé au sublime Gaël Faye pour créer ‘Pemmican’.

‘J’ai des visions de Fin du monde,

J’ai des visions d’un Nouveau monde’

La plume de l’artiste franco-rwandais sur une musique organique, qui raconte les espoirs d’un nouveau monde, celui d’après, et la disparition du précédent. Et les mots forts et puissants de Gaël Faye, qui rappe sans que l’on ne puisse l’arrêter. A écouter plusieurs fois afin de s’habituer à chaque instrument et chaque note.

Le deuxième morceau vient de Belgique. En 2015, le groupe Balthazar publie son album ‘Thin Walls’, une oeuvre née d’une tournée musicale sans intimité, que le chanteur de Balthazar, Maarten Devoldere, semble avoir créée différemment.

“En tournée, on fait tout pour toi et tu bois beaucoup trop. Quand tu écris avec la gueule de bois, tu écris différemment.” – Maarten Devoldere

,Dans ce troisième album, c’est le titre ‘Decency’ que l’on remarque. La langueur et la nonchalance de la voix sur une musique post rock aux allures de Arctic Monkeys. Un univers étrange, à la fois réconfortant et dérangeant, qui berce nos corps pendant près de quatre minutes.

Le dernier morceau s’appelle ‘Liquid Sunshine’, et il est signé Biga*Ranx. En 2016, l’artiste français publiait son album ‘Sniff’, du reggae aux influences années 90.

‘Liquid Sunshine’, c’est la rencontre de paroles simples et ensoleillées avec un univers visuel rétro, feutré et psychédélique. Un trop plein d’informations qui nous fascine, réalisé par le vidéaste Florentin Azot.


Pauline Gauer

Insolite : Un robot dauphin pour remplacer les vrais dauphins dans les parcs aquatiques

De plus en plus, les parcs aquatiques sont sujets à de nombreuses polémiques concernant la maltraitance des animaux marins. Enfermés dans des aquariums et des bassins trop petits et utilisés à des fins ludiques et commerciales, ces animaux ont développé des maladies et des dépressions.

Alors, des associations de protection des animaux luttent pour dénoncer leur souffrance et leurs conditions de vie déplorables. Un bien-être qui passe après la nécessité de satisfaire le divertissement des humains.

Mais toutes ces polémiques pourraient disparaître grâce au nouveau projet de la société Edge Innovations, spécialisée dans la conception, le développement et la production de technologies marines complexes, comme les sous-marins. En s’associant avec l’entreprise Geo AR Games, Edge Innovations prévoit de remplacer les animaux marins des parcs aquatiques par des robots réalistes que l’on appelle animatroniques.

Le but de cette initiative est de réinventer le potentiel du divertissement éducatif et commercial de l’industrie des animaux marins. Les animatroniques sont des créatures hyper-réalistes capables de fournir toutes les expériences que vous pouvez imaginer,” – Roger Holzberg, membre de Edge Innovations, autrefois ,Directeur Créateur et Vice-Président de Walt Disney Imagineering.

Il y a une vingtaine d’années, un premier dauphin robot a été créé : le Dolphin Robotic Unic. Une création peu crédible pour le grand public, pour lequel l’illusion ne fonctionna pas. Alors l’idée d’utiliser cet animatronique sur le marché fut abandonnée. Mais aujourd’hui, c’est un dauphin très réaliste qui s’offre à nous, et ça en est presque effrayant.

L’animal robot imite parfaitement le comportement d’un dauphin dans l’eau, et peut interagir avec les dresseurs, les visiteurs et les nageurs. Tout cela est rendu possible grâce à une intelligence artificielle couplée avec un opérateur qui contrôle les mouvements du dauphin à distance lors des interactions avec le public.

Toute animation rapprochée lorsque le dauphin parle à des humains ou interagit avec des images qui lui permettent de communiquer, est réalisée par des animateurs qui prennent en charge les mouvements du dauphin avec des commandes similaires à celles que vous utiliseriez pour piloter un drone,” – Roger Holzberg pour Sciences et Avenir.

Un robot de 269 kg et une autonomie d’environ 10 heures, capable de survivre 10 ans dans de l’eau salée. Cela nous fait penser aux films de science fiction où les machines prennent le dessus sur l’homme. Un léger rappel de l’histoire catastrophique du film Jurassic Park.

Imaginez le type d’attraction que vous pourriez créer avec des grands requins blancs, ou même un poisson du Jurassique, ou un dragon fantastique qui sort de l’eau et crache du feu. Les figures animatroniques peuvent faire ce que notre imagination leur demande de faire,”. – Roger Holzberg pour Sciences et Avenir.

Ce dauphin animatronique sera utilisé dans un parc aquatique en Chine, où le commerce de la faune est interdit depuis quelques temps. L’intérêt pour Edge Innovations de tester leur projet devant un public, et de pouvoir ainsi envisager la création d’autres robots marins, pour de futures animations.


Pauline Gauer

Dakar : La Mosquée de la Divinité, vers l’océan

En février 2018, je partais en expédition au Sénégal à Dakar, avec l’association Sénégal en Pages. Notre projet, c’était celui d’amener des ordinateurs, tablettes, vêtements, livres et jeux dans une école du village de NGaparou, avec qui nous étions en partenariat.

Une fois la mission accomplie, nous avons eu quartier libre quelques jours pour visiter les environs. Vivre quelques instants de touristes après avoir vécu avec ces enfants extrêmement attachants.

Dakar, ville incroyable. Chaleur étouffante pour un mois de février. Avec les membres de l’association, nous découvrions les lieux phares de la capitale et devant nous apparaissait le Monument de la Renaissance Africaine. Une imposante statue d’une femme et d’un homme portant un enfant, les yeux tournés vers l’horizon.

“L’homme, la femme et leur enfant feront face au soleil, symbolisant l’ouverture du continent au reste du monde. C’est une force de propulsion et d’attraction dans la grandeur, la stabilité et la pérennité de l’Afrique”, – Président Abdoulaye Wade, lors de l’inauguration du monument en 2010

Jeffrey Attaway

Plus tard, nous décidons de marcher au bord de la nationale jusqu’à une mosquée au bord de l’océan. Un long trajet sous le soleil, entre les pots d’échappement, les ordures et les charognes de chèvres. Puis devant nous, le spectacle impressionnant de la baie remplie de bateaux colorés, et une immense mosquée blanche sur la plage.

Pour accéder à la baie, il nous fallut descendre de nombreuses marches plus ou moins abîmées, puis courir dans le sable brûlant jusqu’à l’océan. Sur la longue plage, des pêcheurs traînaient des pirogues colorées pour les ranger. Un chiot les accompagnait dans leurs aller-retours et finit par nous tenir compagnie.

Devant nous, l’eau encore un peu trop froide pour moi, mais pas pour tous les autres. Alors, j’ai photographié ce paysage incroyable, tout droit sorti d’un film. Soudain, un homme s’approche de quelques personnes avec qui je voyageais, pour nous informer qu’il est interdit de se baigner et de photographier les lieux, et qu’il doit alors supprimer les images de nos appareils photos.

De peur de perdre nos photographies, nous cachons nos cartes mémoires dans nos carnets, nos appareils photo dans nos sacs, et pieds nus, nous fuyons la plage. Commence alors une mission d’évacuation d’urgence au travers d’un fin chemin au milieu des herbes sèches. Nous nous inventons des excuses et des stratagèmes au cas où quelqu’un nous rattrape, puis nous retrouvons un autre groupe qui avait fuit par l’autre côté de la baie. Ils nous expliquent qu’ils se sont fait prendre et ont dû payer une amende de 1000 Francs CFA, soit 1,50€. Ridicule d’avoir fui pour si peu, mais sans cela, il n’aura pas pu y avoir d’images pour illustrer cet article. Peut-être que maintenant, je suis recherchée à Dakar, ou peut-être qu’ils pensent que nous sommes encore sur cette plage.


Pauline Gauer

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